Je lis parfois des propos au sujet des chiens réfugiés tels que « C'est quand même mieux d'être dans un chenil plutôt que d'être mort !» ou l'inverse « Au moins, l'euthanasie soulage de la souffrance de passer des années dans un chenil ! ». Je trouve cela terrible de s'en tenir qu'à deux solutions : le chenil d'un refuge ou l'euthanasie. Selon moi, ni l'un, ni l'autre n'est acceptable et d'autres possibilités sont envisageables.
Euthanasier un animal ayant la volonté de vivre, ou qui pourrait l'avoir si on lui en offrait la possibilité, est tout simplement un acte criminel.
La plupart des refuges ne sont pas du tout adaptés aux besoins d'un chien. Les chiens sont très proches des humains, et recherchent souvent sa compagnie. Ils aiment aussi être avec d'autres chiens. Mais dans ces refuges, les chiens ont très peu de contacts avec les humains, et la cohabitation avec des congenères est difficile à cause du territoire trop petit, le stress et le passé de ces individus. Les relations avec les humains peuvent également être difficiles pour ces deux dernières raisons. Les chiens aiment aller promener notamment parce qu'ils sentent des odeurs qui les distraient. Dans ces refuges, ils ne sortent de leurs "boxes" rarement une fois par semaine, souvent promenés par des bénévoles dévoués qui essaient de leur offrir un peu de réconfort. Dans ces conditions, la dépression gagne rapidement ces délaissés de la société.
Je considère que tous les animaux réfugiés ont droit à un bien-être fondamental variant selon l'espèce. Pour tous, le respect de la volonté de vivre en fait partie. Et pour les chiens la vie dans un foyer en fait également partie. Ce n'est pas du welfarisme. La différence est que les animaux réfugiés sont sortis de l'exploitation (même s'ils restent des propriétés au niveau légal). Ils sont ici et ne peuvent vivre à l'état sauvage, il faut donc leur offrir les meilleurs conditions de vie selon leurs besoins. Gary L. Francione en parle très bien dans cet article : http://fr.abolitionistapproach.com/2007/01/17/abolition-et-reformes-progressives/
Se soucier des animaux réfugiés fait d'ailleurs partie intégrante du véganisme.
L'accueil des chiens réfugiés devrait complètement être revu pour s'adapter à leurs besoins, ce n'est pas parce qu'il est provisoire (pas pour tous hélas...) qu'il ne doit pas assurer le bien-être de ces individus.
Ni la mort, ni un chenil sont des solutions convenables pour ces réfugiés.
L., resté 3 ans en chenil avant d'être enfin
adopté.
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