Mercredi 18 mai 2011
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Dans tout élevage, les individus sont esclaves, qu'ils soient « bien traités » ou non. A la base de tout, se trouve le droit fondamental qu'a chaque animal : celui de ne pas
être considéré comme une propriété.
Un exemple parmi tant d'autres : l'exploitation des poules pour leurs oeufs. Elles sont 46 millions en France (sans compter les basses-cours)
Les poules ont été domestiquées avant le néolithique. Leur ancétre serait le coq bankiva. Ces individus vivent dans une hiérarchie très structuré, ont des rituels et un langage assez développés,
dont les poules domestiques ont hérité.
Pourquoi les poules pondent des oeufs ?
Les oeufs sont tout simplement des ovules que la poule rejette de son corps. Ce sont des sortes de déchets s'ils ne sont pas fécondés. C'est un peu le même principe que chez la femme pour les
règles.
Une poule pond plus ou moins selon son âge (cela va en diminuant jusqu'à ses 8 ans), la saison et la reproduction. Jusqu'à l'âge de 1 an 1/2 une poule, même non exploitée, pond chaque jour ou
presque. Dans les élevages, elles sont tuées à cette âge, car plus assez productives. Par exemple, une poule réfugiée de 3 ans, pond un oeuf par semaine, ou moins, principalement au printemps,
sauf si les oeufs sont fécondés (dans ce cas elle en pond une douzaine et souhaite les couver)
Quel est la vie d'une poule pondeuse ?
Quel que soit le mode d'élevage, il y a 4 points qui sont toujours les mêmes :
-
Le sexage : A l'âge de quelques jours, les poussins mâles sont séparés des poussins femelles et tués (généralement broyés
vivants), car les coqs ne pondent bien sûr pas d'oeufs, et ce n'est pas la même race utilisée pour la chair. De plus, il y a toujours plus de mâles que de femelles dans une couvée. Les
cadavres sont ensuite utilisés dans les aliments pour animaux ou jetés à la poubelle. Seuls quelques coqs sont gardés pour la reproduction.
Le débecquage (mutilation du bec, partie du corps très sensible) est pratiqué dans les élevages en cage, et également dans les autres types d'élevage, car il
faut savoir que les poules développent de l'agressivité envers les autres individus de leur groupe, pouvant aller jusqu'à la mort si elles n'ont pas un territoire assez grand, et il ne l'est
jamais dans un élevage, même « libre-parcours ».
Les poules sont élevées de différentes façons :
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En cage conventionelle : Les poules sont entassées à 4 ou 5 dans une cage et ont chacune une surface de vie de la taille d'une feuille A4. (Interdit en 2012
dans l'UE)
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En cage amenagée : 60 individus vivent dans une cage avec perchoir, litière et nid. En taille ce n'est qu'un post-it de plus par individu par rapport à la cage
conventionelle.
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En hangar (« au sol ») : Des milliers de poules sont enfermées dans un hangar, elles sont 9 par m²...
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En « plein air » : Les poules sont 6000 dans un hangar avec accès à l'extérieur quelques heures par jour, où elles sont condamnées à se promener dans un couloir
grillagé. Elles n'ont que 2,5m² chacune...
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En « libre-parcours » : Comme le « plein air », elles sont jusqu'à 6000 mais avec accès à un pré quelques heures par jour, toutefois elles ne
bénéficient que de 10m² par poule à l'extérieur... ce qui est très peu, et pourtant considéré comme le
type d'élevage le plus "respectueux" !!
Le label « bio » signifie seulement que les poules sont nourries bio et élevées en « plein-air » ou « libre-parcours ».
Dans les petites basses-cours des particuliers, ce n'est guère mieux... et les 4 points cités plus hauts sont également valables pour eux. Les poules sont vendues sur les marchés, jetées
violemment dans des cageots...
Il faut toujours avoir à l'esprit que le problème n'est pas la façon dont les individus sont traités, mais le statut de propriété des animaux non-humains. Les "mauvais traitements"
infligés aux animaux sont seulement une conséquence de ce problème.
Si cette exploitation et ces traitements seraient infligés à des humains, même en « libre-parcours » cela serait décrit comme de la torture.
Il y a parfois débat sur la consommation d'oeufs de poules réfugiées. Manger leurs oeufs ne fait souffrir personne effectivement, mais nous n'avons pas besoin de manger d'oeufs, et en consommer
sous-entendrait qu'il ne serait pas possible de vivre dans un monde sans exploitation animale. « Nous devons être le changement que nous souhaitons voir dans le monde » a écrit
Gandhi. Et puis, quand on sait ce qu'est vraiment un oeuf, ce n'est pas très appétissant...
Que faire ?
On a parlé ici des poules, mais ce ne sont pas les seules à être exploitées : tous les animaux domestiqués par l'humain le sont.
Il n'y a aucune différence entre manger une cuisse de poulet et manger une omelette. C'est les mêmes souffrances pour l'animal.
La seule chose que nous pouvons faire si l'on considère que l'exploitation animale est injuste, c'est d'arrêter de la cautionner au travers de nos actes quotidiens. Cela s'apelle le
véganisme. Nous n'avons pas besoin de manger des oeufs, ni aucun produit issu de l'exploitation animale pour vivre heureux et en bonne santé. Il est d'ailleurs prouvé que les oeufs sont
mauvais pour la santé. Les animaux sont exploités uniquement pour des raisons superficielles.
Il est possible de cuisiner toute sorte de plats et de gateaux sans oeufs : des crépes, des flans
patissiers, des cakes... Un oeuf se remplace facilement dans
n'importe quelle recette par 10g de fécule de pomme de terre diluée dans 40ml de lait végétal.
Pour plus d'information sur le véganisme : http://vegan.fr et http://www.veganplanet.ch/fr/
Tract explicatif sur les droits des animaux et le véganisme : http://vegan.fr/media/pdf/tract-abolitionistapproach_com.pdf
Liens sur le sujet :
- Oeufs sans cage : Derrière le mythe par Humane Myth (diaporama en
anglais)
- Et les élevages bio ou « plein-air » ? par http://veganisme.fr (français)
- Le mythe du « libre-parcours » par Peaceful Prairie
Sanctuary (anglais)
- Droits des animaux contre bien-être animal par Gary
L. Francione (diaporama en français)